L'acceptation : Rudyard Kipling "Alors, Tu seras un homme, mon fils"

L'acceptation : Rudyard Kipling  "Alors, Tu seras un homme, mon fils"
Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou, perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir;

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leur bouche folle,
Sans mentir toi-même d'un seul mot;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi;

Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils.


Rudyard Kipling (1865-1936)

# Posté le lundi 14 septembre 2009 01:00

Modifié le lundi 14 septembre 2009 05:25

Initiation à la Géobiologie à la "Pierre le Lièvre" et ses environs

Initiation à la Géobiologie à la "Pierre le Lièvre" et ses environs
Toujours dans le massif du Fossard : pierres à cupules de la "Tête du Houssot"
et étranges rochers en grès et poudingues,
comme si un dragon fantastique gardait les lieux...

Pour voir d'autres photos de cette sortie :

# Posté le vendredi 11 septembre 2009 13:58

Modifié le samedi 12 septembre 2009 01:34

FIN de la nouvelle de Nobody : "Demain il fera jour !"

FIN de la nouvelle de Nobody : "Demain il fera jour !"
« Il est temps pour moi de vous révéler une bien longue histoire, une histoire qui vous paraîtra à la fois triste et invraisemblable, mais qui s'est réellement passée ».

TROISIEME EPISODE ( Suite et Fin )

La Bruge avait alors été choisie pour tenter l'ultime chance des humains. Ils y placèrent dans un abri adapté et sous la surveillance constante de Robbie, six f½tus humains, de sexes différents, en couveuse. Ils étaient nés et avaient vécu 20 années déjà dans cet abri lorsque Gil découvrit l'existence de « l'extérieur ».

Le rôle dévolu à Robbie était de subvenir à leurs besoins, de les éduquer, en prenant garde toutefois de ne pas leur révéler leur destinée avant que la vie ne redevienne possible sur la surface du globe. Sans la curiosité de Gil, Robbie aurait attendu encore un peu avant de parler, la radioactivité extérieure de 22 m.r. était encore légèrement supérieure au seuil admis par l'organisme. Cependant, l'expérience involontaire de Gil et les résultats positifs de son examen médical décidèrent Robbie à les informer.

Gil n'avait donc pas rêvé ! Robbie lui expliqua qu'un médecin était venu pour analyser les causes d'une résistance particulière de virus aux traitements anti-infectieux classiques que Robbie avait prescrit.
Il s'agissait d'une mutation virale extrêmement vivace mais qu'il réussit à combattre définitivement par un nouveau traitement. Pour ne pas bouleverser l'équilibre psychologique des hôtes de la Bruge, la consultation eut lieu pendant leur sommeil, artificiellement prolongé pour la circonstance. Seul Gil, dont le traitement empêchait l'hypnose, pouvait garder un léger souvenir de cette intervention extérieure. Robbie qui avait suivi toute l'opération, n'avait pas été autorisé à divulguer cet incident avant le jour « E », le jour de l'ESPOIR, à la fin du premier cycle.

« Je ne peux pas te répondre ». Certes Robbie savait mais il n'était pas autorisé à parler ; c'était donc là le véritable sens de ses paroles !

Marc et Chris, Franck et Inger, Gil et Nadège étaient nés le jour zéro de l'an zéro.
Jusqu'au jour 143 de l'an 7, quotidiennement Robbie et le groupe de savants qui suivait l'expérience de la Bruge échangèrent des informations. Puis, à la onzième heure du jour, Robbie reçut l'ordre de poursuivre seul l'expérience jusqu'à ce qu'il ait la preuve de sa réussite. Quelques secondes plus tard, les contacts furent définitivement rompus et les enregistreurs extérieurs indiquèrent une extraordinaire montée du taux de radiation. Le taux se stabilisa puis quelques jours plus tard, il se mit à décroître progressivement.

Tout s'était passé comme les sociologues l'avaient prévu, implacablement, malgré la campagne d'information mondiale à laquelle personne n'avait voulu croire. Depuis cette époque, et suivant la loi exponentielle prévue par les physiciens, le taux radioactif avait baissé pour atteindre actuellement 22 m.r.

Comme tous demandaient à Robbie de décrire ce monde extérieur, Gil montra à ses camarades le témoin coloré qu'il avait ramené de cet « extérieur ». Bien que celui-ci n'ait plus tout à fait l'aspect qu'il avait lors de sa cueillette, il étonna tout le monde. Nadège dont les yeux ne quittaient plus cette jolie tige terminée par un cercle jaune entouré de dentelle blanche, fut très heureuse lorsque Gil lui en fit présent. Robbie expliqua qu'il s'agissait là d'un organisme biologique que les hommes avaient l'habitude d'appeler "Fleur".
Il en était de même, à un stade plus évolué, pour l'être à 6 pattes que Gil avait vu se déplacer et qu'ils appelaient une fourmi.

Robbie leur apprit que la fin du plan du premier cycle prévoyait maintenant qu'il enseigne à chacun les sciences qui leur permettraient de s'adapter à la vie dans ce nouveau monde. Ils étudieraient la géographie, la biologie, la géologie, les sciences humaines et bien d'autres matières qui manquaient à leur culture d'hommes. C'est bien tard que chacun regagna sa chambre, ce soir-là. Dans la nuit qui suivit, beaucoup rêvèrent à ce qu'ils allaient découvrir le jour où ils auraient accès au monde extérieur. Ce n'est qu'au bout de 6 mois que le taux extérieur atteignit 20 m.r., et donc que Robbie leur annonça la fin du premier cycle.

Il n'eut que quatre mots à dire pour que chacun comprenne :
« Demain, il fera jour ! »


EPILOGUE

L'histoire que je viens de vous conter, je ne l'ai pas inventée.
Elle m'a été racontée, il y a bien longtemps. Le texte que vous venez de lire n'est que la synthèse de ce que j'ai cru comprendre d'un récit bien étrange. Mais il est préférable que je vous explique cela par le commencement.
Comme certains peut-être d'entre vous, je suis passionné de spéléologie. Un dimanche, cet hiver, j'entrepris de descendre dans un réseau souterrain bien connu du G. S. B. M •. (Groupe Spéléo de Bagnols - Marcoule), celui de la grotte de la Bruge. C'est une petite grotte, dans les gorges de la Cèze, à quelques kilomètres de Saint ¬André de Roquepertuis.

Je connaissais presque par c½ur le réseau principal, la grotte étant d'accès facile, mais je fus très surpris de constater, ce dimanche-là, que le sol de glaise de la dernière salle s'était légèrement effondré sur le coté gauche. L'effondrement dégageait ainsi un passage étroit au niveau de la glaise. Ce passage menait à une pente glaiseuse très inclinée, puis à un petit lac souterrain pratiquement à sec à cette période de l'année. De l'autre côté du lac, une grande surprise m'attendait.

Parmi les concrétions de grande taille, près de la paroi, on distinguait là quelques ruines de ce qui semblait avoir été une construction. Je me demandais encore ce que pouvait bien faire un bâtiment à cet endroit lorsque j'aperçu l'entrée d'un boyau au milieu de la paroi. Il avait la forme elliptique assez étrange dans le contexte des autres passages du réseau et sa paroi brillante faisait penser à du métal plus qu'à de la calcite.

Ce couloir m'amena un haut d'une falaise de quelques mètres que je pus descendre à l'échelle de corde. Après quelques autres salles, je pénétrais dans un vaste ensemble de bâtiments, apparemment mieux conservés que le précédent. Ceux-ci disparaissant sur la droite sous une épaisse coulée de calcite, semblaient noyés dans une forêt de concrétions. Trois gigantesques draperies tombaient de la voûte pour rejoindre la partie supérieure des constructions centrales.

Ce n'est pas sans inquiétude que je m'aventurais dans cet ensemble. Chaque passage, d'une salle à l'autre, m'offrait un bien étrange spectacle. Des restes de mobilier, d'ustensiles ou d'appareils témoignaient de la présence d'êtres humains, apparemment d'un très lointain passé compte tenu de la taille, donc de l'âge des concrétions qui les recouvraient en partie. Dans la salle centrale, la mieux conservée, une bien grande surprise m'attendait !

A peine en avais-je franchi le seuil, que j'entendis une voix derrière moi. Je fis volte-face et me trouvai devant un appareil métallique dont les douze lueurs frontales semblaient m'observer. Devant mon mouvement de recul, l'appareil changea la lueur de ses voyants. Il me parla dans un langage assez bizarre mais que je compris par interprétation. J'avais l'impression même que l'appareil essayait d'adapter son langage au mien au fur à mesure de mes questions. Il m'expliqua qu'on l'appelait Robbie puis me raconta l'histoire que vous venez de lire.

Ce qu'il me dit par la suite était encore plus étrange.

Gil, Nadège, Franck, Chris, Marc et Inger n'avaient pas pu s'adapter au monde extérieur, trop différent du leur. Après quelques essais, pendant les premières années du second cycle, s'étaient résolus à finir leur vie dans le réseau de la Bruge, où ils étaient nés. Nadège avait étudié la sociologie et finit par conclure que le phénomène était analogue à celui qui avait empêché aux humains de vivre dans les abris durant la guerre atomique. L'homme ne pouvait donc pas s'adapter à un milieu différent de celui dans lequel il était né et avait été élevé.

Dans les dix années qui suivirent le jour « E », le jour de l'ESPOIR à la fin du premier cycle, Gil et Nadège eurent un fils qu'ils prénommèrent « Allan ». Deux ans après, Inger mit au monde une fille qu'ils appelèrent « Eva ». Marc et Chris n'eurent pas d'enfants. Il fut décidé qu'Allan et Eva seraient élevés à l'extérieur, sous la tutelle de Robbie en leur faisant ignorer l'existence du monde souterrain. C'était là le seul espoir de survie des humains puisqu'il n'était pas possible de vivre très nombreux dans la cité centrale de la Bruge.

Environ vingt années plus tard, lorsque ces deux enfants arrivèrent à l'âge adulte, Robbie interrompit ses contacts avec eux afin qu'ils commencent à vivre en totale indépendance. Depuis cette époque « La Bruge » perdit tout echange avec l'extérieur. Les hôtes de la cité connurent la vieillesse puis, un à un, la mort.

Robbie attendit seul la fin de son rôle. Il devait attendre, avant de pouvoir considérer sa mission comme terminée, la preuve de la réussite de l'opération « ESPOIR ». C'était le dernier ordre qu'il avait reçu du groupe de savant qui avait lancé cette ultime expérience, et il devait l'exécuter.

Ma présence, pour lui, était la preuve qu'il attendait. Il m'expliqua que le second cycle avait donc pris fin au dix-septième jour de l'an 534 238. J'ai eu du mal à croire à cette étrange histoire mais après une longue réflexion, je suis obligé de constater plusieurs coïncidences entre la mythologie et ce récit.
- le paradis terrestre et la période de tutelle d'Allan et Eva par Robbie ;
- l'évaluation de l'âge de l'homme à environ 500 000 ans selon nos connaissances actuelles et l'année du calendrier de Robbie ;
- l'habitude d'ensevelir les morts.

Peut-être trouverez vous aussi d'autres coïncidences mais nul ne pourra avoir plus de réponse à ces questions car, quelques heures après ma sortie de la Bruge, Robbie commanda le troisième cycle, celui de la destruction complète du réseau. Il m'avait expliqué que cette étape avait été prévue dès le début pour éviter que les technologies de son époque ne polluent la nouvelle génération et risquent de l'inciter à reproduire les erreurs du passé.

Cette grotte aujourd'hui se termine par un lac souterrain dont nous n'avons trouvé, malgré toutes nos explorations depuis, aucune issue autre que le plan incliné de glaise par lequel j'étais arrivé.
Nous avons cependant découvert récemment un aven, à quelques kilomètres de là, l'aven du Travès, près du village Montclus, au fond duquel se trouvent six tombeaux fort anciens que chacun peut encore voir aujourd'hui.
Robbie hésita-t-il à détruire les restes de ces hommes du premier cycle, ou, est-ce là une nouvelle coïncidence.

Je ne saurais y répondre....


Nouvelle écrite pour être publié dans « La Tarentule » une revue mensuelle des étudiants de l'ENIB dans trois numéros baptisés « Spécial Science-fiction »

Nobody, Brest – 1973 –

# Posté le mercredi 09 septembre 2009 02:19

Modifié le jeudi 10 septembre 2009 17:44

Le gouffre de "l'Aven Noir" dans les Causses

Le gouffre de "l'Aven Noir" dans les Causses
Aven

Effondrement de la voûte d'une caverne,
formant un puits vertical
mettant en
communication le réseau karstique souterrain avec le monde extérieur...


Karst

Etude des formes du relief spécifiques des les régions calcaires...

Karst souterrain (galeries et cavernes ornées de concrétions de calcite)

Karst superficiel (canyons, dolines, pertes et résurgences)

Formes de relief liées à la solubilité de la roche calcaire


# Posté le mercredi 09 septembre 2009 13:48

Modifié le jeudi 10 septembre 2009 17:44

NOBODY raconte : Demain il fera jour (3ème épisode : 1ère partie)

NOBODY raconte : Demain il fera jour (3ème épisode : 1ère partie)
Résumé des épisodes précédents

Gil et Nadège, Franck et Inger, Marc et Chris vivent dans le monde clos de la Bruge où Robbie les a créés. Ce dernier, véritable « dieu », subvient à tous leurs besoins tant matériels qu'intellectuels. Rien n'aurait troublé ce monde autonome si Gil n'avait eu en mémoire de vagues souvenirs relatifs à la venue de quelqu'un durant une maladie d'enfance ; quelqu'un que personne n'avait vu, pas même Robbie ! Gil était résolu à percer ce mystère. La cité de la Bruge se trouve au centre d'un réseau de galeries et de salles ornées de concrétions dont la plus jolie pour Gil et Nadège est la salle de la Cascade.
Constatant une baisse importante du taux radioactif dans le réseau, Gil entreprit d'en refaire la radio topographie. Cela lui permit de découvrir, au niveau de la cascade, un passage vers une centrale automatique de décontamination des fluides, puis de parcourir un réseau de galeries inconnues. Gil y trouva, imprimées dans la glaise depuis plusieurs années, des traces de pas. Ce nouveau réseau l'emmena à une salle immense dont la voûte bleue supportait un fluopoint lumineux très intense. D'étranges petits êtres vivaient là. Un peu déçu de ne pas avoir trouvé là, ceux qu'il cherchait, Gil entreprit de continuer son exploration.


TROISIEME EPISODE (1ère partie)

Une dose radioactive placée dans la petite niche éclairée, une fois encore, lui permit d'accéder au couloir. Les parois de métal, éclairées par deux rangées de fluopoints brillaient d'un éclat aussi intense que la lumière de "l'autre monde". Le sol était de béton, légèrement incliné et strié de raies parallèles. La section carrée du couloir, de 15 m environ de côté, et son aspect rectiligne formaient au loin quatre lignes convergentes parsemées de fluopoints lumineux : un spectacle assez impressionnant.

Gil remarqua, au fur et à mesure de sa progression, que les fluopoints étaient de moins en moins nombreux. Une seule rangée de fluopoints, espacés tous les 5 m, éclairait le couloir, et cependant, il n'avait pas l'impression en marchant d'y voir moins. C'était parce que les fluopoints étaient disposés de manière à permettre l'accoutumance des yeux à une lumière plus modérée. Après une demi-heure de marche, Gil arriva au bout du couloir. Celui-ci se terminait par une paroi verticale, munie d'une petite niche dont il connaissait bien maintenant l'utilité.

La quatrième dose radioactive fit pivoter la cloison sur son arête supérieure, découvrant une grande salle rectangulaire. A droite et à gauche, deux couloirs métalliques brillaient sous l'éclat des fluopoints. Sur la paroi frontale, Gil aperçut un grand tableau lumineux. Il s'y approcha et reconnut, avec surprise, qu'une partie de celui-ci représentait la Bruge, le réseau, tel qu'il l'avait cartographié. Il y reconnut de même les galeries, le lac souterrain, la porte vers le monde extérieur et même le couloir métallique qui l'avait conduit à cette salle.
Une multitude d'autres galeries, d'autres couloirs étaient dessinés. Chaque couloir débutait et se terminait par un fluopoint rouge sur le tableau. Gil en conclut que celui-ci devait représenter les différentes portes à commande radioactives. Le couloir de droite, d'après le tableau, menait à la station de traitement des fluides qu'il avait eu l'occasion de visiter. Le couloir de gauche, lui, menait à une centrale énergétique à fission contrôlée. A l'est du réseau de la Bruge, se trouvait un centre de synthèse. C'est sans doute là qu'étaient générés les objets que Robbie fabriquait et les cubes qu'ils consommaient.

Gil décida, puisqu'il lui restait deux doses radioactives, de rentrer à la cité en passant par la centrale énergétique. Quelques minutes plus tard, il pénétrait dans une immense salle puissamment éclairée. Au centre, un bloc de plomb cubique de cinq mètres d'arête tranchait étonnamment avec les parois rocheuses de la salle. Au fond de celle-ci, un panneau, couvert d'indicateurs numériques, devait être un poste de contrôle de la centrale. Le long de la paroi, plusieurs rangées de conducteurs : électriques se rassemblaient par place dans des tubes cylindriques encastrés dans la calcite.

La température de l'air semblait un peu plus élevée dans cette salle que dans le reste du réseau. Cette chaleur provenait du cube qui, au toucher, semblait être porté à une quarantaine de degrés. Gil trouva facilement la porte et, à l'aide de sa cinquième dose, accéda au couloir menant à la cité de la Bruge. C'était un couloir identique aux autres. A quoi pouvait donc servir de tels passages entre la Bruge et la salle immense qui abritait ces petits êtres à 6 pattes ? C'était une question qu'il poserait à Robbie en rentrant.

Le couloir se termina par une petite salle circulaire qui, d'après le tableau, devait se trouver au c½ur même de la cité. Face à l'entrée, une petite niche lumineuse identique aux précédentes. Gil s'apprêtait à y placer sa dernière dose lorsque lentement, une porte vint obstruer l'entrée de la pièce circulaire où il se trouvait. Surpris, il se demanda comment la porte s'était refermée toute seule lorsqu'une voix grave le fit sursauter.

- « N'aie crainte Gil, c'est moi qui aie commandé sa fermeture » entendit-il. Gil reconnut tout de suite la voix de Robbie ; aussi reprenant son calme, il lui répondit :
- « A toi, j'ai beaucoup de choses à te demander, tu sais ! »
- « Je sais. Je t'ai d'ailleurs suivi pendant une grande partie de ta visite, aussi je connais les problèmes que tu as rencontrés. Rassure-toi, je vais te fournir les explications que tu désires, mais auparavant, tu devras passer un examen médical ».
Tu t'es aventuré dans un endroit où la radioactivité était supérieure au seuil de 20 m.r. permis, aussi faut-il s'assurer que tu n'en as pas souffert avant de te laisser pénétrer dans la cité.
- « Mon Stylgeir me l'aurait signalé, voyons Robbie ! » répondit Gil
- « Regarde ton bras gauche et tu comprendras ! » lui dit Robbie
Gil s'aperçut alors que la déchirure de sa combinaison avait décollé le stylgeir de son épaule et, par conséquent, celui-ci, n'étant plus en contact avec la peau, ne pouvait plus le prévenir de la présence d'un danger radioactif.
- « Robbie, dis mois, es-ce grave ? »
- « Non, la zone où tu es allé n'atteignait pas les 23 m.r. mais, par sécurité, tu devras tout de même subir un contrôle médical avant de revoir tes camarades »

La salle circulaire opéra une rotation de 90°, puis s'ouvrit une porte d'accès dégageant l'entrée de la salle de test. Gil y pénétra, ôta sa combinaison et prit place sur la sondo-couchette. Pendant la série de tests, il se remémora toute son expédition. Il revit le tableau lumineux et le plan du réseau. Un jour, il reviendrait visiter toutes les galeries. Gil ne regrettait qu'une chose : celle de n'avoir pas rencontré, durant toute sa visite, un de ces êtres mystérieux qu'il cherchait. Et pourtant, il y avait bien ces traces de pas dans la glaise !

Que pouvait donc signifier tout cela ?

Le « tout est parfait » de Robbie le surprit dans ses pensées.

Il mit pied à terre, traversa l'aseptiroom puis enfila une combinaison thermoplastique neuve.
Une porte pivota au fond de la salle de test. Gil eut la surprise, en la franchissant, de se trouver dans cette salle de repos de la cité qu'il connaissait si bien. Il y venait souvent pour lire ou se distraire avec Nadège, et jamais, il ne s'était douté de la présence d'une salle de test si proche.

Robbie l'invita à s'asseoir et fit venir Nadège, Chris, Marc, Inger et Franck. L'étonnement s'exprimait sur leurs visages. Nadège vint se blottir dans les bras de Gil et tous s'empressèrent de lui poser une multitude de questions.

Lorsque Gil eut conté, à ses camarades, chacune de ses récentes découvertes, Robbie prit la parole.
- « Il est temps pour moi de vous révéler une bien longue histoire, une histoire qui vous paraîtra à la fois triste et invraisemblable, mais qui malheureusement s'est réellement passée".

Le plus difficile pour Robbie, fut de faire comprendre à son auditoire qu'il ne les avait pas créés, mais qu'ils étaient les descendants d'êtres qui leur ressemblaient. Ils furent ensuite très étonnés d'apprendre qu'ils étaient tous les six l'espoir de survie de civilisation maintenant détruite entièrement par une guerre atomique.

Lorsque Chris demanda pourquoi étaient-ils les seuls survivants humains en ce monde, Robbie leur expliqua qu'un groupe de savants, prévoyant la fin très proche de l'humanité par une guerre inévitable, fit construire, à l'intérieur même de la Terre, dans quelques grottes naturelles, des abris atomiques de vastes dimensions dont « La Bruge » était l'un d'entre eux.

Cependant, ces savants se sont vite heurtés à un problème insoluble dû à un comportement humain que seule la psychologie pouvait expliquer : les hommes, nés et vivant sur la terre, ne pouvaient supporter longtemps la vie artificielle que leur offraient ces abris. Atteints par une sorte de claustrophobie démesurée, ils finissaient par quitter les profondeurs malgré la conscience des dangers extérieurs.


Mais vous n'êtes pas au bout de vos surprises... La fin c'est pour demain...

(A Suivre)

# Posté le mercredi 09 septembre 2009 02:01

Modifié le jeudi 10 septembre 2009 04:40

Autour de la nouvelle de Nobody : "Demain il fera jour" Le décor des cavités souterraines "Stalactites, stalagmites et colonnes de calcite"

Autour de la nouvelle de Nobody : "Demain il fera jour" Le décor des cavités souterraines  "Stalactites, stalagmites et colonnes de calcite"
L'univers minéral des cavités souterraines karstiques, le long et patient travail de la goutte d'eau... Le bicarbonate de calcium dissous dans l'eau se recristallise sous forme de stalactites et stalagmites au plafond et au sol, qui se rejoignent pour former des colonnes, comme les piliers dans une cathédrale...

Pour savoir comment Gil découvre un monde extérieur à l'univers de la Bruge
dont Robbie ne lui avait jamais parlé : lire l'épisode ci-dessus

# Posté le mardi 08 septembre 2009 02:30

Modifié le jeudi 10 septembre 2009 00:36