NOBODY raconte "Demain il fera jour" (2ème épisode : 2ème partie)

NOBODY raconte "Demain il fera jour" (2ème épisode : 2ème partie)
Résumé de la 1ère partie de l'épisode 2 :

La cité de la Bruge se trouve au centre d'un réseau de galeries et de salles ornées de concrétions de toutes sortes dont la plus jolie, aux yeux de Gil et Nadège, est celle de la cascade. Constatant une baisse importante du taux radioactif dans le réseau, Gil entreprit d'en refaire la radio topographie. Cela lui permit de découvrir, au niveau de la cascade, un passage vers une centrale automatique de décontamination des fluides, puis de parcourir un réseau de galeries inconnues

Deuxième épisode (2ème partie)

Sans les semelles adhésives de sa combinaison thermoplastique, il n'eut pas été facile de se déplacer sur ce couloir incliné. Une dizaine de fluopoints plus loin, Gil pénétra dans une petite salle rectangulaire, apparemment sans aucune sortie. Seul un petit casier sur le mur opposé à l'entrée, éclairé par deux fluopoints latéraux s'y trouvait. Raisonnant par analogie, Gil plaça une de ses sources radioactives dans le casier, devant le cercle lumineux. Dix secondes plus tard, un bruit sourd emplissait la salle, en provenance du couloir d'accès. Sans doute était-ce l'eau qui coulait à nouveau vers la cascade. Simultanément, une porte s'ouvrit dans le mur de gauche, puis une autre se ferma, venant obstruer le couloir d'accès d'où il venait.

Pas d'hésitation donc possible, il devait continuer. Le rad-mètre indiquait 2 m.r. C'était déjà plus qu'au niveau de la cascade, mais c'était seulement le dixième du seuil permis. Pas de crainte donc à avoir de ce côté-là. Cette, porte donnait sur une salle de plus vastes dimensions, dont la paroi frontale, en arc de cercle, était entièrement transparente.

Elle offrait un panorama exceptionnel : le bâtiment de dimension assez importante où Gil se trouvait, était situé au bord d'un petit lac naturel bordé à droite et gauche par des parois rocheuses abruptes qui se rejoignaient pour former une voûte à une vingtaine de mètres de la surface. De l'autre côté du lac par contre, on pourrait distinguer une paroi inclinée dont la couleur marron clair, indiquait la présence de glaise plutôt que de rocher. Aucun courant d'eau n'était visible sur les bords du lac. Celui ci devait donc être alimenté par un réseau immergé. Il devait servir de réservoir pour alimenter et réguler la cascade, pensa Gil.

Le bâtiment elliptique où il se trouvait, comportait une troisième salle, munie d'indicateurs. Ils affichaient apparemment en permanence la contamination de l'eau du lac et celle de la cascade, d'après les indications du synoptique mural. Les valeurs indiquées étant différentes, Gil put facilement conclure que le bâtiment servait à décontaminer les eaux du lac. Une, étude plus complète des différents cadrans, lui montra que cet ensemble de béton, de construction similaire à certains édifices de la Cité, réalisait aussi la décontamination de l'air avant son passage dans le réseau de Bruge.

Les matériaux de construction des bâtiments étaient les mêmes que ceux de la cité et les graduations des indicateurs muraux les mêmes que celles du rad-mètre. Robbie, lui-même aurait très bien pu réaliser cette station de traitement des fluides et peut-être avait-il des raisons valables pour ne pas en révéler l'existence. Rien dans la présence de cette station ne pouvait témoigner de l'existence d'une civilisation extérieure à la Bruge, conclut-il. Le mystère restait entier.

Un escalier circulaire menait dans un vaste hall, sous cette salle de contrôle, s'ouvrant sur le rivage du lac. A gauche de l'escalier, sur la paroi six boites métalliques bleues portaient l'inscription : « BOAT ». Un mot que Gill ne pu comprendre, mais dont il devina la signification en ouvrant une des boites.

Elle renfermait une embarcation auto-gonflable comme il en avait déjà utilisé dans la salle III, sur le ruisseau suffisamment large et profond à cet endroit. C'était dans cette salle qu'ils avaient tous eu l'occasion d'apprendre à nager, avec les bons conseils de Robbie, et ils y retournaient souvent pour s'y baigner. L'eau y était maintenue à température de 21 degrés, par des thermoponcts immergés, aussi était-il préférable de goûter là aux joies de la baignade, que partout ailleurs dans le ruisseau. Vingt minutes plus tard Gil avait examiné chaque détail de ce rivage cimenté large à peine d'une vingtaine de mètres. Aucune issue n'y était apparente.

Trois journées, c'était là le temps qu'il s'était donné pour résoudre ce mystère. Il devait durant cette période tout faire pour chercher s'il existait autre chose que la Bruge, un autre monde ou vivaient peut-être d'autres personnes que celles qu'il connaissait. Il rentrerait, ce délai passé à la cité, sachant peut-être enfin si ce songe d'enfance était un rêve ou une réalité. Puisque ce lac était la seule issue, il le traverserait. Au contact de l'eau, l'embarcation auto-gonflable, qui pliée se transportait facilement" commença à croitre en volume. Deux minutes plus tard, elle prenait la forme en V traditionnelle. En plus des deux pagaies habituelles, Gil découvrit deux fluopoints portatifs, avec réflecteur. Il les fixa aux anneaux de sa combinaison puis embarqua avec son matériel.

Bien que la traversée fut assez courte, elle lui parut durer une éternité tant il était pressé de savoir si la rive opposée lui offrirait le moyen de poursuivre, ou non, son exploration. Parvenu au milieu du lac, il eut une première crainte en se rendant compte que le rivage vers lequel il se dirigeait n'était pas éclairé, mais la présence de deux fluopoints à ses côtés le rassura. Si ceux-ci se trouvaient dans l'embarcation, c'est qu'ils avaient leur utilité. Le rivage où il accosta n'avait rien de commun avec celui qu'il avait quitté : c'était, sur toute la largeur, une paroi de glaise plus ou moins inclinée.

Gil débarqua son matériel à l'endroit où la pente était la plus faible puis retira l'embarcation, qui perdant contact avec l'eau du lac, se mit à diminuer de volume puis à reprendre sa forme d'origine. Jugeant celle-ci cependant trop encombrante, il la laissa sur le rivage avant de gravir la paroi. La pente avoisinant par endroit 45°, l'ascension ne fut pas très facile et Gil arriva, épuisé, une vingtaine de mètres plus haut sur une plateforme juste sous la voute. Il découvrit avec satisfaction que cette plateforme menait, par un passage assez étroit vers une petite salle naturelle. Une issue existait donc peut-être de ce côté-là. Une rapide inspection de la paroi, autour de lui, lui montra qu'il n'existait pas d'autre passage. Il allait s'engager dans cette étroite ouverture sous la voûte lorsqu'il resta le souffle coupé par l'émotion.

Là, devant lui, sur le sol se trouvait des traces de pas, imprimées dans la glaise, pourtant durcie à cet endroit. Les semelles de sa combinaison ne laissant aucune empreinte sur un sol si ferme ce n'était pas les siennes, il en était certain. Cela ne pouvait pas être non plus ses camarades, puisqu'aucun d'eux, n'était venu ici. Cette fois-ci, une seule solution :

QUELQU'UN D'AUTRE était passé par là avant lui !

C'est alors un immense soulagement qui gagna son esprit. Il avait maintenant devant lui la preuve qu'il espérait depuis si longtemps. Il existait donc d'autres êtres dans ce monde, et peut-être était-ce l'un d'entre eux qui était venu le soigner, il y a bien longtemps durant sa maladie. Gil se sentit très fier de sa découverte. Peut-être allait-il rencontrer ces étrangers dans une de ces prochaines salles ! Il se dit qu'il serait sans doute bien accueilli par ces derniers car ils reconnaitraient en lui celui qu'ils étaient venus soigner. Enfin il allait savoir !
Avant de continuer, Gil décida de faire une courte pause pour se restaurer d'un cube vert puis s'engagea dans l'étroite ouverture.

Le passage était assez bas, et la glaise était à cet endroit gorgée d'eau, aussi lorsqu'il atteignit la petite salle sa combinaison était couverte de boue. Gil sourit en pensant à ce qu'aurait dit Robbie, en le voyant ainsi.
Après quelques autres passages aussi délicats, Gil parvint sur le bord d'un puits. Impossible d'y descendre avec le peu d'équipement dont il disposait. Vers le haut, à quatre ou cinq mètres, se trouvait une plateforme de calcite. Cherchant à l'atteindre en escaladant la paroi de gauche, il découvrit d'autres traces de pas puis taillées dans le rocher, plusieurs petites marches. C'était donc le bon chemin. Ces empreintes dans la glaise durcie devaient être très anciennes et ce chemin ne doit pas être très fréquenté pour que ces traces soient restées intactes, pensa Gil.

La plateforme de calcite, par un passage entre deux concrétions, donnait sur un couloir naturel rempli au quart d'eau. Ce n'était pas là un problème pour Gil, équipé de sa combinaison étanche. Après une escalade entre quelques blocs de rochers, puis plusieurs mètres de ramping dans une chatière, il arriva enfin dans un couloir de 7 à 8 mètres de haut dont la largeur maximale, à sa hauteur, ne dépassait pas un mètre. Il se prolongeait, en bas, par une faille d'une bonne dizaine de centimètres de large.

S'appuyant le dos contre une paroi et les pieds sur la paroi opposée, Gil parvint petit à petit à progresser le long de ce couloir. A sa main droite, le fluopoint portatif qui l'éclairait le gênait quelque peu pour se tenir à la paroi. Comme il essayait de l'accrocher à sa combinaison, son pied gauche dérapa sur la calcite humide et Gil se retrouva, avant d'avoir eu le temps de se rattraper, cinq mètres plus bas dans l'obscurité. Son fluopoint était tombée au fond de la faille et lui se trouvait sur un sol d'argile entre les deux parois rocheuses. Etourdi par le choc, il resta quelques instants sans bouger puis sa première réaction fut de porter sa main à son coté droit. Il poussa alors un soupir de soulagement en sentant sous ses doigts la forme arrondie d'un autre fluopoint portatif. Quelle bonne idée d'en avoir pris deux !

En essayant de se relever, Gil ne put retenir un cri. Son bras gauche le faisait souffrir à chaque mouvement. Il se rendit alors compte que durant sa chute sa combinaison s'était déchirée au bras et que les aspérités de calcite de la paroi lui avaient labouré la chair sur plusieurs centimètres. L'endroit où il se trouvait était certes étroit mais confortable. La glaise n'y était pas humide. Gil s'y installa et décida d'y passer la nuit, fatigué des efforts de la journée. Il mélangea pour son diner une partie du cube rouge médicamenteux avec son cube bleu habituel, puis chercha le sommeil.

Le lendemain matin, à son réveil, il se sentait en pleine forme. Sa blessure de la veille était cicatrisée au point qu'on en distinguait à peine la trace. Dommage que cela n'agisse pas sur la combinaison, pensa t'il.
Il rassembla son matériel, puis suivant l'étroit couloir où il était tombé, repris son exploration. Après une prudente escalade, il parvint sur une nouvelle plateforme. La galerie, maintenant plus large était parsemée de petits blocs rocheux de plus en plus nombreux. Arrivé dans une grande salle, Gil s'apprêtait à escalader un éboulis de rochers lorsqu'il s'arrêta étonné. Une source lumineuse intense éclairait le sommet de l'éboulis !
D'où pouvait provenir toute cette lumière ? Allait t'il arriver cette fois ci dans un autre monde ? Allait t'il enfin savoir ?

Arrivé en haut de l'éboulis, son étonnement n'en fût que plus grand. Il se trouvait dans une vaste salle, éblouissante de clarté. La lumière semblait venir d'une ouverture bleutée dans une paroi de cette salle. Habitué à la luminosité des fluopoints, Gil ne pouvait que difficilement supporter cette intense lumière. Plusieurs minutes furent nécessaires pour que ses yeux s'étant adaptés, il soit en mesure d'observer autour de lui.
A gauche de l'éboulis dans la paroi, se trouvait une petite niche identique à celle du bas de la cascade. Elle aussi était éclairée par deux fluopoints latéraux dont on ne distinguait qu'à peine la présence tant l'éclairage de la salle était intense. Gil plaça sa troisième dose radioactive et attendit le résultat. Dix secondes plus tard une porte s'ouvrit dans le rocher, une porte donnant sur un couloir d'acier de vaste dimension. Gil cependant n'y pénétra pas. Il retira sa source, la replaça dans sa gaine de plomb et aussitôt la porte se referma doucement en s'encastrant si bien dans la paroi qu'il était très difficile d'en détecter la présence. Gil voulait, avant de continuer son exploration, voir de plus près cette intense source lumineuse bleue dans la paroi.

Il n'eut que trente mètres à faire pour parvenir à l'ouverture en question, où la plus grande surprise de toute sa vie l'attendait. Celle ci était bien la porte d'un « AUTRE MONDE », un monde si différent de la Bruge que Gil, apeuré, resta longtemps sur le seuil avant d'oser y pénétrer. Toute cette lumière semblait provenir d'un énorme fluopoint si puissant qu'on ne pouvait l'observer sans être ébloui. Il était suspendu à une immense voûte toute bleue, si haute qu'il était difficile d'en évaluer la distance. Il en était de même pour les dimensions de, cette salle dont on ne voyait pas les parois autres que celle où se trouvait la porte.

Le décor de ce monde n'avait rien de commun avec celui de la Bruge. Le sol et la paroi étaient recouverts d'étranges tiges en forme de stalagmites, de consistance rappelant un peu la cellulose de certains papiers fabriqués par Robbie. Au fond de la salle bleue, un ruisseau, beaucoup plus large que celui de la Bruge, coulait paisiblement. Un petit courant d'air fit se balancer doucement ces touffes de cellulose verte. Le spectacle de ces masses ondulantes était agréable à regarder. En fait, c''était surtout de l'immense variété des couleurs qui surprenait Gil : bleu de la voûte, vert des touffes, jaune des rochers, brun du sol... Qui a put réaliser un monde pareil ? Un grand nombre de « Robbie » probablement vu la taille des lieux !

Une heure après, Gil osait s'aventurer dans ce nouveau monde. Une petite crainte intérieure, qu'il n'avait pas connue dans les salles et galeries précédemment parcourues, subsistait. Tout était si différent ! Il ne s'éloigna que de quelques mètres de la porte, prêt à la franchir en cas de danger. Les touffes de quelques centimètres étaient souples et douces au toucher. Certaines même possédaient des tiges légèrement plus hautes, terminées par de jolies couronnes blanches et jaunes. Gil en coupa une et la mit dans une de ses poches intérieures. Elle serait le témoin de ce nouveau monde pour ses camarades et Robbie lorsqu'il la leur montrerait.

Soudain Gil fit un saut de côté. Quelque chose bougeait sur le sol. Quelque chose de très petit avançait dans sa direction, plus petit même qu'une goutte d'eau, noir, s'aidant de ses six minuscules jambes, contournant les petits cailloux, escaladant les morceaux de cellulose et ceci relativement vite par rapport à sa dimension.
Etait ¬ce un être de ce nouveau monde ? Sans doute puisque ça se déplaçait et transportait des débris. Le corps de ce petit élément semblait se diviser en trois parties : l'une où se fixaient les jambes, l'autre munie de deux petits fils, la troisième un peu plus allongée vers l'arrière. Pendant dix minutes, Gil le contempla puis eut la surprise d'en voir un second se dirigeant dans le même chemin et aussi affairé que semblait le premier. Comme ces êtres sont étrange, pensa t'il.

L'inquiétude le gagna. Une si grande salle abritait donc de si petits êtres ? Ce n'était peut-être pas là que vivaient ceux qu'il aurait voulu rencontrer, ceux qui semblaient être fait comme lui et qui étaient venus le soigner.
Gil décida d'aller visiter le couloir de métal qu'il avait découvert auparavant. Celui-ci l'amènerait peut-être vers ce qu'il cherchait. Pénétrant dans la salle, il fut surpris de voir que l'ombre due à l'intense fluopoint, fixé sur la voûte bleue, s'était déplacée. Non, il ne se trompait pas. L'endroit où il s'était accroupi quelques heures plus tôt, pour observer à son aise ce nouveau monde, était maintenant éclairé. Il était pourtant certain de s'être mis à l'ombre car la lumière trop vive sinon l'aurait blessé. Le fluopoint très lumineux se déplaçait donc !

Quel monde étrange !

Quand il raconterait cela à Nadège, jamais elle ne pourrait l'imaginer. A l'horloge interne de sa combinaison thermoplastique, il remarqua que la journée était bien avancée. Il consomma son cube puis : décida d'explorer le couloir de métal.


(A Suivre)

# Posté le lundi 07 septembre 2009 16:25

Modifié le mercredi 09 septembre 2009 06:36

Autour de la nouvelle de Nobody : Toutes les merveilles relief karstique : " Une rivière souterraine "

Autour de la nouvelle de Nobody : Toutes les merveilles relief karstique :  " Une rivière souterraine "
Entre pertes et résurgences, de cascades en cascades, les rivières souterraines créent des réseaux de galeries par dissolution du carbonate de calcium,
principal constituant de la roche calcaire, transporté sous forme de bicarbonate soluble

# Posté le mardi 08 septembre 2009 02:30

Modifié le mercredi 09 septembre 2009 01:07

"DEMAIN IL FERA JOUR" : Une nouvelle de science-fiction (1973) de "Nobody" (2ème épisode : 1ère partie)

"DEMAIN IL FERA JOUR" : Une nouvelle de science-fiction (1973) de "Nobody" (2ème épisode : 1ère partie)
Résumé du
1er épisode



Gil et Nadège, Frank et Inger, Marc et Chris vivent dans le monde clos de la Bruge où Robbie les a créés.
Ce dernier, véritable
« dieu » subvient à tous leurs besoins tant matériels qu'intellectuels.
Rien n'aurait troublé ce monde autonome si Gil n'avait eu en mémoire de vagues souvenirs relatifs à la venue de quelqu'un, pour le soigner, durant une maladie d'enfance, quelqu'un que personne d'autre n'avait vu, pas même Robbie .
Gil est résolu à percer ce mystère. La cité de la Bruge se trouve au centre d'un réseau de galeries et de salles ornées de concrétions de toutes sortes dont la plus jolie, aux yeux de Gil et Nadège, est celle de la cascade.




DEUXIEME EPISODE (1ère partie)

Moulé dans sa combinaison thermoplastique, Gil comme ses camarades disposaient d'un stylgeir. Il s'agit d'un tube métallique d'une dizaine de centimètres, servant à mesurer simultanément l'irradiation et la contamination radioactive. Par son contact direct sur la peau du bras gauche, il prévient directement celui qui le porte grâce à une impulsion électrique de la présence d'un danger radioactif important. Son seuil d'alerte correspond à 20 m.r. la dose admissible par le corps humain sans conséquence sur son métabolisme.

Avec à ce sixième sens, ils avaient pu explorer tout le réseau de la Bruge en toute sécurité. Ils avaient établis, sur une cartographie du réseau, une série de lignes d'équirad, lignes suivant lesquelles le taux d'irradiation était constant. L'équirad la plus élevée était de 19 m.r. et se limitait uniquement à la salle de la cascade. Gil et ses camarades ne connaissaient donc pas l'effet désagréable des impulsions du stylgeir si ce n'est par leurs essais au laboratoire de la Bruge.

Depuis qu'ils avaient établi cette cartographie graduée en équirad, aucun d'entre eux ne s'en était plus soucié, puisqu'il n'y avait pas de danger, compte tenu de l'état radioactif du réseau de la Bruge.
La répartition circulaire des équirad autour de la cité, en valeur croissante de taux radioactifs, montrait une fois encore que Robbie avait bien fait les choses en créant la Bruge à cet endroit.
Puisque le taux augmentait dès que l'on s'éloignait de la cité et qu'il était le plus élevé dans la salle de la cascade (la salle la plus éloignée), c'est que ces radiations venaient de l'extérieur de la Bruge, si « extérieur » il existait. Gil en revenait toujours à cette constatation sans trouver un seul indice pour ou contre l'existence d'un autre monde au-delà de leur cité. Il fabriqua avec l'aide de Robbie, dans les ateliers de la Bruge, un rad mètre (appareil destiné à la mesure précise des radiations), puis muni de sa carte équirad, il commença une nouvelle radio topographie.

Dès sa première mesure, Gil fut consterné : les taux qu'il mesurait à présent ne correspondaient qu'approximativement au centième de ceux portés sur la carte réalisée il y avait une dizaine d'année. Sa première réaction fut de tester son appareil sur sa source interne afin de vérifier l'étalonnage du rad mètre, mais non, c'était bien cela. Le chemin de la cascade n'ayant pas de secret pour lui, il 'y trouva une vingtaine de minutes plus tard avec son matériel. Là aussi, de 19 m. r., le taux de radioactivité était tombé à 0,2 m.r.
La voûte de calcite, au niveau de la cascade, était à 7 ou 8 mètres de hauteur. Deux fluopoints éclairaient, de leur lueur blanche, l'arrivée de l'eau à 5 mètres du sol. Le spectacle du renouvellement permanent de cet arc liquide plaisait beaucoup à Gil, aussi restât-il quelques minutes à regarder cette eau tomber, rebondir de rocher en rocher, puis se rassembler en un ruisseau tumultueux, couvert d'écume et qui coulait vers la salle de la cité, où se trouvaient Robbie, et ses camarades.

De l'endroit où Gil se trouvait la salle s'offrait presque entière à ses yeux. Le spectacle était magnifique. Douze fluopoints l'éclairaient, répartis de façon symétrique sur la voute, par rapport à la cascade. Seul deux fluopoints éclairaient la paroi droite de la cascade. Ils étaient si proches que leurs faisceaux lumineux se confondaient pour former un petit cercle de lumière sur paroi, d'une dizaine de centimètres, juste dans un petit creux du rocher. C'était là un élément insolite, dont Gil et Nadège avaient souvent parlé, sans trouver d'explication satisfaisante pour justifier cette particularité.

Cela intriguait beaucoup Gil, curieux de caractère. Une fois encore, il s'y rendit, pour regarder cette petite niche éclairée. Une mesure au rad mètre n'indiqua aucun taux particulier à cet endroit. S'il se sentait fier d'avoir découvert cette baisse du taux radioactif Gil regrettait quand même de ne pas comprendre le « pourquoi » de cette particularité lumineuse. Il aurait aimé expliquer à Nadège son utilité car il aurait été, une fois encore, fier de cette découverte.

Nadège. Il pensait beaucoup à elle ces derniers temps. C'était pour lui le modèle même de la gentillesse et de la compréhension. Son physique agréable, ses jolis yeux bleus et ses longs cheveux blonds le séduisaient autant que cette intelligence dont elle savait faire preuve à tout instant. Il fallut un sentiment d'inquiétude pour le tirer de ces agréables pensées.

Que se passait-il donc ?

Quelque chose était différent dans cette salle qu'il connaissait pourtant si bien. Gil mit une bonne dizaine de secondes avant de se rendre compte que c'était le bruit de la cascade qui avait changé.
En quelques enjambées, il fut au bord du ruisseau. Le débit de la cascade avait diminué de moitié. L'orifice, d'où l'eau apparaissait, était maintenant à moitié découvert. Il avait la forme d'un demi-cercle parfait d'un mètre de rayon environ.

Remis de son étonnement, Gil chercha à comprendre ce qui s'était passé. C'était pratiquement incompréhensible, aussi il décida de se faire aider de Robbie. Il alla chercher le rad mètre qu'il avait laissé près de la niche lumineuse, puis décida de rentrer à la cité.

Comme il passait à nouveau devant la cascade, il fut stupéfait de constater que son débit était redevenu normal. « Encore un nouveau mystère à éclaircir » se dit-il. Réfléchissant sur le chemin du retour, il se demanda si ce n'était pas simplement le fait d'avoir placé la source interne radioactive du rad mètre à proximité de la tache lumineuse, qui avait déclenché ce phénomène dans la salle.

Jusqu'à présent, aucune source radioactive n'ayant jamais été amenée dans cette salle, cette hypothèse était vraisemblable. Demain il reviendrait avec d'autres sources, plus puissantes, pour refaire cette expérience. Il décida de ne pas faire part à ses camarades de sa découverte avant d'avoir fait de nouveaux essais.
Avant le repas du soir, Gil travailla dans l'atelier de la Bruge, avec l'aide de Robbie, pour fabriquer six sources radioactives de doses différentes, dont la plus faible correspondait au double de la source interne du rad mètre. Tout en travaillant, il confia à Robbie sa découverte. Comme il demandait si son hypothèse de commande radioactive de la cascade était exacte, Robbie répondit de sa voix grave et monocorde, qui sied si bien à sa sagesse, par une phrase déjà connue de Gil :

- "Je ne peux pas te répondre ! ''

Vexé de cette attitude, Gil émit une onde télépathique vers Robbie", lui signifiant qu'après tout, avec ou sans son aide, il chercherait à percer ce mystère.
"Robbie sembla réfléchir un instant" le mauve de ses douze yeux électronique vira au pourpre, comme pour exprimer une insatisfaction. Cela rappela à Gil le temps où, étant gamin, Robbie le grondait lorsqu'il rentrait couvert de glaise après des glissades dans la salle IX sur les pentes des abords du lac.
La lampe témoin du canal 3, sur lequel Gil conversait avec Robbie, se ralluma, preuve que Robbie allait parler. Mais ce ne fut que pour dire les mots les plus incompréhensibles que Gil ait entendu de sa part :

- "Bientôt, il fera jour !"

Puis la lampe témoin s'éteint à nouveau. Jamais Gil ne s'était senti si seul qu'à cet instant. Robbie ne le comprenait pas et lui ne le comprenait plus ! Il emporta, ses six sources radioactives, protégées dans leur étui de plomb, dans sa chambre puis passa directement dans la salle des repas. Après avoir consommé son cube bleu du soir, il fit la provision de 9 cubes jaunes, bleus et verts et d'un cube médicamenteux rouge, efficace contre toutes les affections du métabolisme car agissant uniquement sur la rapidité naturelle de la guérison. Il emporta cette provision dans sa chambre, puis s'endormit, rêvant de découvrir dès le lendemain par une nouvelle exploration du réseau de la Bruge, la solution à tous les mystères d'aujourd'hui.

Le lendemain, dès la lumière naissante des fluopoints, Gil était au pied de la cascade. Il décida d'abord de prendre tout le temps nécessaire, pour comprendre comment et pourquoi l'on pouvait moduler le débit de cette cascade. Comme il avait apporté, avec son matériel, sa provision de cubes pour se nourrir sur place, les essais pouvaient durer le temps qu'il faudrait !

Mais dès ses premiers essais, il vit son hypothèse se vérifier. C'est avec la dose double de la source interne au rad mètre qu'il réussit à arrêter totalement la cascade. Il se rendit alors compte qu'en fait le débit du ruisseau, lui, restait constant, c'est-à-dire que l'eau, lorsqu'elle, ne venait plus de l'orifice supérieur, émergeait alors du petit réservoir naturel au pied de la chute. C'était là une bonne chose pensa-t-il, car il ne coupait pas l'eau à la cité, vers où coulait le ruisseau, par ses essais. L'orifice maintenant découvert formait un cercle noir, un cercle parfait tranchant étonnamment avec la paroi rocheuse, hérissée de fleurs de calcite.

Gill observait cette ouverture, lorsque lentement, il vit sortir de la paroi, précédemment masquée par la chute d'eau, toute une série d'échelons métalliques, régulièrement espacés d'une vingtaine de centimètres. Apparemment, ils ne pouvaient servir qu'à atteindre l'orifice circulaire. Poussé par sa curiosité Gil allait gravir ces échelons lorsqu'une hésitation coupa son élan.

Et si cascade se remettait en route !

C'était alors pour lui une chute de cinq mètres avant de se retrouver dans le torrent. Son désir de comprendre fût finalement supérieur à cette crainte première et il décida d'entreprendre aussitôt cette escalade.
Pensant un instant à Nadège, il laissa à côté de la source radioactive, dans la niche lumineuse, un message thermique sur ruban plastique. Il y spécifiait le but de cette exploration, et la durée maximale de celle-ci qu'il dût limiter à 3 jours compte tenu de sa réserve de cubes alimentaires. Muni de ses cinq sources sous étui de plomb et de son rad mètre Gil entreprit cette escalade et fut bientôt face à l'orifice circulaire. Il laissait voir un boyau cylindrique pratiquement horizontal, dont la paroi étincelait à une bonne dizaine de mètres de l'entrée sous la lueur d'un fluopoint encastré. C'était donc là l'entrée d'un couloir, d'aspect métallique, entièrement artificiel.

Mais pourquoi donc Robbie ne lui avait-il pas parlé la veille de l'existence de ce tunnel ? Soit, il avait des raisons personnelles, qu'il ne voulait pas révéler, soit il ignorait simplement son existence.
Dans les deux cas, la situation était inquiétante. Si ce n'était pas Robbie qui l'avait créé, mais qui donc avait pu le faire ? Il pensa une fois encore à celui qu'avait cru voir durant sa maladie. Peut-être existait-il vraiment et peut-être était-il parvenu à la Bruge par cette cascade. Cela ne fit qu'augmenter son désir de comprendre et il s'engagea aussitôt dans le couloir de métal...


( A suivre)


# Posté le lundi 07 septembre 2009 13:42

Modifié le mardi 08 septembre 2009 03:36

En marge de la nouvelle de Nobody "Demain il fera jour" commencée hier : Cascade et draperies de calcite ornant les parois souterraines karstiques

En marge de la nouvelle de Nobody "Demain il fera jour" commencée hier : Cascade et draperies de calcite ornant les parois souterraines karstiques
Le seul univers que connaissent les habitants de la Bruge au début de l'histoire

# Posté le mardi 08 septembre 2009 02:29

Modifié le mardi 08 septembre 2009 03:35

"Demain il fera jour" : une nouvelle de "NOBODY"

 "Demain il fera jour" : une nouvelle de "NOBODY"
Cette nouvelle de mon frère Gilbert écrite au début des années 70, dont l'action se situe dans la grotte de la Bruge, à l'entrée des Gorges de la Cèze (près du Courau, commune de St André De Roquepertuis, Gard) me rappelle les discussions passionnées entre "le curé" (Farandoleur) et "l'inventeur" (Nobody) de la famille, sans oublier nos explorations souterraines, tous deux passionnés à l'époque, de spéléologie...

L'idée de publier cette nouvelle, nous la devons à notre soeur de coeur, Marie (Blackfountain) qui par son exemple, en osant publier ses nouvelles, a encouragé Gilbert à en faire autant ! Ils ont un point commun tous les deux : le signe du capricorne et la modestie... Mais aussi selon moi des talents littéraires...
A vous de juger...
FARANDOLEUR

Demain il fera jour !

Préface :

Cette nouvelle a été écrite en 1973 pour paraître en trois épisodes dans des numéros «spécial Science Fiction » d'une revue mensuelle d'élèves intitulée « La Tarentule » dans l'école où je poursuivais mes études à Brest. Elle n'est donc pas très travaillée car elle n'était destinée qu'à apporter un peu de matière à cette revue. Elle vous est proposée telle que publiée à cette époque.
Une technologie actuelle (un logiciel d'OCR) m'a permis à partir d'une copie papier tapée à la machine à écrire mécanique il y a 36 ans, d'en obtenir une version électronique aujourd'hui et de vous la proposer. Nul ne pensait à cette époque, où les ordinateurs personnels n'existaient pas, qu'une telle technologie serait, un jour, accessible à nous tous !

NOBODY


PREMIER EPISODE

Gil s'était réveillé ce matin-là plus tôt que d'habitude. Quelque chose l'empêchait de goutter cette douce quiétude du sommeil et il le savait. Il savait aussi que demain il ne dormirait pas davantage.
« Robbie n'avait pas répondu. »
Jamais, durant ces vingt années, il n'avait fait une chose pareille. Aucune question ne l'avait encore arrêté, puis hier, après avoir longuement réfléchi, il avait enfin fini par dire :
« Je ne peux pas te répondre »
Jamais Gil n'aurait pensé qu'il pût exister une chose que Robbie ne sache faire et encore moins une question à laquelle il ne puisse répondre. Une sorte de déception le gagnait mais au-delà de cette déception, la peur l'envahissait, une peur intérieure, à peine consciente. Robbie était tout pour lui. Il lui devait la vie, son éducation, son savoir ...
« Si Robbie ne savait plus, personne ne pourrait savoir ! »

Gil se leva puis, comme tous les jours, traversa l'aseptiroom avant de déjeuner. Il aimait cette impression de fraîcheur que donnaient les rayons de l'aseptiseur quand on passait dans son champ d'action. Ils achevaient de le réveiller. Comme il se sentait affamé, il prit aujourd'hui deux cubes jaunes dans le distributeur mural.
Les six verres étaient encore pleins, ce matin, dans le climatiseur : preuve que Nadège, Frank, Inger, Marc et Chris n'étaient pas levés. Il ôta minutieusement l'emballage de ses deux cubes puis les regarda fondre dans son verre.
Gil aimait servir le déjeuner aussi préparait-il souvent celui de Nadège. Il appréciait surtout le travail manuel : fabriquer des objets, des machines avec l'aide de Robbie dans l'atelier de la Bruge. Il s'y serait sans doute rendu ce matin s'il n'y avait pas eu ce problème qui mobilisait son esprit. Aussi préféra-t-il sortir.

A l'extérieur il faisait encore nuit mais les fluopoints commençaient à s'éclairer. Ils faisaient briller toutes les étoiles de calcite de la voute et les fines gouttelettes suintant des stalagmites, dansant dans le vent, semblant chacune un monde nouveau en formation.
Gil aimait se promener dans cette forêt de concrétions car il appréciait là la beauté de la nature. Il occupait ses loisirs avec ses deux passions : la création technique d'une part, et d'autre part l'observation de la nature. Il se promenait souvent seul mais quelquefois aussi avec Nadège qui partageait aussi cette seconde passion. Ce réseau de la Bruge, il en connaissait presque chaque concrétion depuis les grandes draperies de la salle IV, avec lesquelles on pouvait jouer de la musique, jusqu'aux colonnes millénaires de la salle XVII •

Il alla jusqu'à la cascade, s'assit pour réfléchir à son aise regardant l'eau rebondir de rocher en rocher. Quelques gouttes l'atteignaient et ruisselaient le long de sa combinaison thermoplastique moulée sur mesures. Il essaya de se souvenir.... C'était il y a bien longtemps déjà.
Il devait avoir quatre ou cinq ans peut-être. Il avait été très malade et malgré les soins de Robbie le mal empirait au point qu'il ne devait plus quitter le lit et ne pouvait recevoir ses camarades. Puis un jour, il eut l'impression de ne pas se réveiller, de vivre un rêve prolongé. Maintenant, il lui semblait que quelqu'un était venu durant ce rêve, quelqu'un de plus grand que lui, pour le soigner. Quelqu'un qui n'était pas Robbie, ni ses camarades Nadège, Marc, Inger, Franck, ou Chris.
Puis quelques jours plus tard, son état s'étant amélioré, il put retrouver sa vie habituelle et ses camarades. A l'époque, il avait cru à un mauvais rêve et l'avait par la suite totalement oublié. Mais récemment ce souvenir était réapparu ; il s'était alors adressé à Robbie pour savoir si réellement quelqu'un était venu mais Robbie était resté muet.

Pourquoi donc, Robbie qui savait tout, sur ce point, ne répondait-il pas ? Ce mystère le troublait au plus haut point. Robbie les avait créés tous les six donc il aurait pu créer ce « quelqu'un » venu le soigner. Mais dans ce cas, évidemment Robbie le saurait. Cette hypothèse n'était donc pas possible. Si ce quelqu'un était venu, c'était qu'il n'avait pas été créé comme eux à la Bruge, qu'il venait d'un autre monde, un « ailleurs ». Mais d'où venait-il ? Qui l'avait créé ? Même s'il venait d'un autre monde, comment avait-il pu y pénétrer ici puisque la Bruge était un monde clos ? Gil ne pouvait le comprendre et apparemment Robbie non plus.
La clarté de la salle XII, où il se trouvait, due aux fluopoints des parois qui donnaient maintenant leur plein éclat, lui rappela que le jour était levé. C'était donc l'heure d'étudier avec Robbie. Gil trouvait agréable ces discussions sur la théorie quantique de la matière ou sur les divergences de l'espace temps mais il s'intéressait plus particulièrement aux théories physiques qui aboutissaient à des réalisations concrètes dans l'atelier de la Bruge.

Robbie lui dispensait, comme à tous ses camarades, tout l'enseignement qu'ils désiraient pour satisfaire leur curiosité. Nadège s'intéressait particulièrement à la psychologie, Frank à la chimie et à la biologie, Inger à la sémantique, Marc à la médecine et Chris à la photosynthèse.
Mais Robbie était beaucoup plus qu'un simple enseignant puis qu'il pouvait, par transmission de pensée, donner en même temps des cours différents à chacun d'entre eux ; c'était leur créateur et l'organisateur de tout ce qui existait et fonctionnait à la Bruge. Il créait le cycle permanent des jours et des nuits, la nourriture de leurs repas, la matière des objets, les outils de l'atelier enfin tout en ce monde était son œuvre. Ils le considéraient, tous les six, comme leur créateur, celui qui subvenait à tous leurs besoins, et auraient pu tout naturellement le baptiser du vocable "Dieu" si ce concept leur était venu à l'esprit. Mais pour eux, Robbie avait toujours été le septième membre de leur équipe, leur amis et confident avec lequel, penser suffisait pour communiquer. C'était donc surtout leur ami.

Gil se plaisait beaucoup en la compagnie de Nadège dont le tempérament était complémentaire du sien. Lui aimait les sciences physiques et les réalisations pratiques ; elle, les sciences de l'esprit, la musique, la psychologie. Ils partageaient leur passion pour la nature. Une amitié les avait très longtemps liés avant que celle-ci se transforma en un véritable amour. Ils se sentaient unis et il en était de même pour Inger et Franck, Marc et Chris. Robbie les avait vraiment fait pour qu'ils soient heureux deux par deux.
Après les cours de la matinée, ils allèrent tous ensemble prendre le repas de la mi-journée. Chacun prit deux cubes verts, les diluèrent dans leur verre d'eau puis burent la solution colorée.

Gil prit alors la parole. Ils avaient pris l'habitude entre eux de s'exprimer oralement et par télépathie avec Robbie. Ce leur permettait de converser à plusieurs simultanément avec Robbie sans se gêner. Gil dit à ses camarades :
- Le problème du « quelqu'un » que j'ai vu, est un mystère insoluble pour nous tous. Même Robbie ne sait l'expliquer. Je vous avoue que ça m'inquiète !
Nadège se fit la « porte parole » de ses camarades :
- Nous pensons tous, en fait, qu'il s'agit d'une hallucination de ta part car si ce mystérieux personnage était venu, durant plusieurs jours, nous nous en serions tous aperçus et Robbie aussi. C'est d'ailleurs ce qui explique que Robbie n'aie lui non plus pas de réponse à te donner.
Gil se rendit compte que lui seul pouvait concevoir cette éventualité. Il rentra dans sa chambre et chercha ce qu'il pouvait faire pour éluder ce mystère. Il lui fallait explorer tout le réseau de la Bruge pour voir s'il n'y avait pas un passage possible, pour un homme d'un autre monde, qui n'ait encore jamais été découvert.
C'est alors qu'il pensa au stylgeir ....

(A suivre)

# Posté le lundi 07 septembre 2009 04:20

Modifié le lundi 07 septembre 2009 15:55

Ibn'Arabi : la spiritualité soufie au 13ème siècle

Musique soufie
arabo-andalouse Maroc.
Poemes Ibn Arabi.
Sous la direction
dAhmed El Kheligh


LEnsemble Ibn Arabî présente des musiques et chants arabo-andalous des sociétés initiatiques spirituelles du Moyen Age à Al Andalus. Ils ont bénéficié dune double formation : la traditionnelle, ancrée dans un rapport de maître à disciple et celle du Conservatoire de Musique de la ville de Tanger.

Images du musée de la musique andalouseà Fez.







Ibn'Arabi : « L'Amour est ma religion et ma foi. »

« Je Taime de deux amours :
L'un, tout entier d'aimer,
L'autre, pour ce que Tu es digne dêtre aimé.
Le premier, cest le souci de me souvenir de Toi,
De me dépouiller de tout ce qui est autre que Toi.
Le second, cest lenlèvement de tes voiles
Afin que je Te voie.
De l'un ni de l'autre, je ne veux être louée,
Mais pour l'un et pour l'autre, louange à Toi ! »


« De l'amour nous sommes issus.
Selon l'amour nous sommes faits.
Vers l'amour nous tendons.
A l'amour nous nous adonnons.»


Mohyiddin IBN'ARABI (1165 - 1240)

Ardent mystique, Ibn'Arabî est considéré comme le plus grand des maîtres de la spiritualité islamique.
Sa doctrine qualifiée de “monisme existentiel” a dominé et revivifié la spiritualité soufie soulevant parfois les plus vives résistances au sein de l'Islam.
Ibn'Arabî ne fait aucune distinction entre le Créateur et sa créature de sorte qu'il considère cette dernière comme une possibilité divine. Dieu crée par Amour de se faire connaître et sa créature est la manifestation de cet Amour. Tous deux sont donc indissociablement liés par cette énergie d'Amour.

Par extension, à l'image de l'artiste qui se fait connaître par son œuvre et de l'œuvre qui nous éclaire sur l'artiste, se découvrir soi-même c'est découvrir Dieu en soi et découvrir Dieu c'est se découvrir soi-même.
La réalisation de cette réunion au Divin par la connaissance de l'Amour est donc pour lui le but de toute vie spirituelle. Ibn'Arabi est de ces grands disciples de l'Amour porteurs d'un message universel lequel se résume à cette affirmation : « ...l'Amour est ma religion et ma foi. »


# Posté le jeudi 03 septembre 2009 02:29

Modifié le jeudi 03 septembre 2009 12:50